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Dansa Kourouma, président du (CNOSCG) : «Il faut reconnaitre que le citoyen guinéen n’est pas satisfait de son député».

Au cours de cet entretien avec Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), votre site d’information Conakryplanete.info a abordé avec l’invité des questions sur notamment le fonctionnement de l’Assemblée nationale, le regard des citoyens. Lisez!
Conakryplanete.info : Quelle appréciation faites-vous de l’Assemblée nationale depuis son installation en 2013 ?
Dansa Kourouma : C’est une Assemblée qui a mis fin à une longue période d’instabilités politiques. C’est une appréciation positive dans un premier temps. Parce que c’est le deuxième pilier du pouvoir.
Cette Assemblée en tant qu’Institution, il y’a des avancées significatives. Elle regroupe plus d’une dizaine de partis politiques en son sein. C’est une assemblée pluraliste où l’opposition a une minorité de blocage. C’est-à-dire le parti au pouvoir n’a pas les 2/3 pour faire passer les lois organiques. C’est un atout important pour cette assemblée. Parce que ça oblige à avoir des débats parfois très tendus avant d’adopter les lois.
La troisième remarque je faite est le niveau individuel de certains députés que je trouve très élevé. Vous avez plus de trois anciens premiers ministres qui siègent. Mais aussi des anciens députés de différentes législatures et des hauts cadres de l’Etat.
Comme illustration, vous avez Michel Kamano, ancien ministre et ancien président du Conseil économique et social, Cellou Dallein, Sidya Touré, docteur Ousmane Kaba bref, c’est une Assemblée qui, globalement repose une panoplie de personnalités qui cohabitent parfois avec des députés dont le niveau est très faible. Il y’a des députés qui ne savent lire et écrire, des députés qui n’ont aucune vision intellectuelle du débat parlementaire. Mais en majorité, il fait savoir que la grille de représentation est très appréciable.
La quatrième remarque que je ferais naturellement, c’est la richesse des débats. Il faut reconnaitre qu’avant qu’une loi ne passe au parlement, ça fait l’objet de beaucoup de débats et de commentaires. Le niveau de critiques face à l’action gouvernementale reste important. Certes, au moment aussi où il y’a cette diversité d’appréciations, il y’a des députés insupportables qui s’imposent par des katas de karité pour faire passer leurs avis.
La faiblesse véritable de cette Institution est l’oral, c’est-à-dire son envergure au niveau national et international fait défaut
On a une Assemblée qui n’est pas tellement influente dans le débat national.
La deuxième chose qui est une remarque fondamentale c’est que les actions qui sont en rapport avec le contrôle des actions gouvernementales, ne sont pas vues. Il y’a aucune visibilité sur les rapports de l’assemblée avec l’exécutif en matière de contrôle.
La troisième remarque qui me semble être importante, c’est la performance de l’Assemblée par rapport au nombre des lois votées. Il faut le reconnaitre qu’il y’a très peu de lois qui sont votées et en dehors de la ratification des conventions et des lois qui sont amenées par l’exécutif. Je parle des propositions de lois. D’ailleurs, ça, c’est une caractéristique globale des parlements dans la Sous-région.
Une autre réalité que je trouve négative, c’est l’incapacité de l’Assemblée d’adopter son règlement intérieur après plus de 4 années de législature. Ça veut dire une fois encore, il y’a eu un problème interne qui a contraint l’Assemblée a fonctionné sur la base de l’ancien règlement intérieur qui a été adopté par le Comité militaire de redressement national (CMRN) pour la première législature. Ceci a eu pour conséquence naturellement sur le partage des responsabilités au sein de l’Assemblée où la majorité des pouvoirs était concentrée dans les mains des partis au pouvoir. Et, avec la désaffection des alliances, ça fragilisé un peu l’Institution. Par l’exemple, les prises de position de Docteur Ousmane Kaba ont été rapidement réprimandées ou bien le retrait de la confiance du parti au pouvoir en tant président de la Commission économique et finance. Bien qu’on savait qu’il avait beaucoup de compétences par rapport à ce poste. Une autre réalité qui crève les yeux est l’inactivité des députés uninominaux. On a quelques députés qui sont très actifs mais la plupart ne sont pas actifs. Ça fait que les réalités de la Guinée profonde ne fait pas l’objet d’une prise en compte du débat national. C’est une faiblesse significative.
Mais nous, aujourd’hui, au sein de la société civile, on a une appréciation au point de vie orientation de l’Assemblée. On dit que ne peut être député que celui qui est présenté par un parti politique. Ça veut dire un citoyen lambda, telle que soit son niveau de compétence, l’apport vis-à-vis de ta communauté, tu ne peux pas être député si tu n’es pas présenté par un parti politique. C’est une restriction de la loi.
Les dernières élections en Coté d’Ivoire et au Sénégal, les débats sur les législatives sont en cours pour le 30 juillet. Force est de reconnaitre qu’à ce niveau, les candidatures indépendantes sont autorisées.
L’acceptation des candidatures indépendantes pour les élections législatives permet d’enrichir les débats, qualifier le niveau et éviter les blocages politiciens. Il est arrivé que les partis politiques demandent à leurs députés de se retirer. Ca, est un recul de la démocratie. C’est pourquoi la société civile est sur le point de recommander et de proposer à l’exécutif la réforme de la loi sur l’Assemblée nationale pour que les citoyens qui n’appartiennent pas aux partis politiques puissent se présenter et être députés. En Côte d’Ivoire, il y a plus d’un tiers des députés qui étaient des candidats indépendants. Sortir dans la dictature des partis politiques, c’est une piste que la société civile met sur la table et soumet à un débat national. Notre Assemblée, au moment où elle avait des atouts mais n’a pas pu saisir tous ses atouts pour être une Institution au service du citoyen. Une Institution qui, parfois se désolidarise sur certaines erreurs dans la gouvernance du pays. Mais c’est le contraire.
Que dites vous des altercations des députés à l’hémicycle?
C’est normal. Dans certains pays, les députés se battent. Mais en Afrique, la plupart des députés sont morts lors des débats. Parce qu’ils sont longs et certains députés n’ont pas de propositions à donner.
Pour moi, la réforme fondamentale doit passer la répartition des postes électifs entre les différentes les forces politiques en présence et le renforcement de l’administration parlementaire. L’administration parlementaire est vraiment le socle de la réussite du travail parlementaire.
Votre regard sur la personnalité du député guinéen ?
Il faut reconnaitre que le citoyen guinéen n’est pas satisfait de son député. Je l’ai dit devant le président de l’Assemblée nationale. Cette désaffection en train un sorte de désamour, le député face à l’activité parlementaire. C’est un regard qui est très négatif. Parfois on demande quelques choses aux députés, ils n’ont pas les compétences de le faire. C’est comme si on leur demande de trop. Les conditions de mis en place de l’Assemblée ne garantit pas le plus souvent les performances qu’on les exige. D’ailleurs, les performances que la Guinée a besoin.
Propos recueillis par Alia Camara
664209304

 

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