Embrouillamini à l’UFDG : les leçons d’une crise (Par Ibrahima Sanoh) Reviewed by Momizat on . Ce qui se passe à l’UFDG n’est point étonnant, les analystes avertis s’y attendaient à une crise. L’UFDG est un parti qui a des cadres, nul ne saurait le nier. Ce qui se passe à l’UFDG n’est point étonnant, les analystes avertis s’y attendaient à une crise. L’UFDG est un parti qui a des cadres, nul ne saurait le nier. Rating: 0

Embrouillamini à l’UFDG : les leçons d’une crise (Par Ibrahima Sanoh)

cellou-bah-ouryCe qui se passe à l’UFDG n’est point étonnant, les analystes avertis s’y attendaient à une crise. L’UFDG est un parti qui a des cadres, nul ne saurait le nier. Ils sont nombreux en Guinée et dans la diaspora. Sont-elles bien gérées, ces ressources humaines ? L’analyse de son programme de société en vue de la présidentielle d’octobre 2015, a livré ses secrets. Pourquoi , un tel grand parti ayant l’ambition de diriger la Guinée s’est-il permis de reprendre ses mêmes propositions de 2010 , après quelques petits aménagements ? Pourquoi a-t-il proposé la construction de l’ENA qui était déjà mise en place par le pouvoir qu’il a toujours qualifié d’incompétent ? Pourquoi avait-il promis de multiplier en seulement dix ans le PIB par tête d’habitant par cinq , alors que l’idée était irréaliste du fait qu’il est impossible d’avoir une croissance moyenne de 17 , 46 % en dix ans ?

Le déficit de démocratie interne

Ce qui se passe à l’UFDG est intéressant et inquiétant. Intéressant parce que nos partis politiques fonctionnent de la même manière et sont tous des anarchies organisées. Inquiétant en ce sens que la crise ne doit pas être étouffée et doit être surpassée pour ne pas que parti implose. L’UFDG est le seul parti d’opposition confronté aux lendemains de la présidentielle à une crise. Celle-là, est –elle manipulée ? Importe la réponse, l’UFDG est menacée de scission et la survenue de celle-là serait une grande catastrophe. Aujourd’hui, l’UFDG est la seule formation politique de l’opposition où les cadres, du moins quelques cadres très minoritaires, s’opposent à la gestion du parti et réclament de profondes réformes.

Il est sans nul doute le seul parti d’opposition qui se croit capable de conquérir le pouvoir et de l’exercer. Il a les ressources pour ce faire. A-t-il su les utiliser ? Là est la question. Il souffre comme tous nos partis politiques des mêmes maux. Nos partis politiques souffrent de nombre de maux et ont en commun le fait qu’ils sont souffrent de démocratie interne. Les congrès de nos partis politiques à la veille de la présidentielle d’octobre passé furent l’occasion de plébisciter les mêmes présidents de parti : candidats à vie, fondateurs de leur parti ou imposés par une escouade. Lors des congrès, qui furent en réalité, des lieux et places de prestation d’allégeance, aucun parti ne favorisa la démocratie interne . Les mêmes présidents de parti furent faits candidats, sans élection et sans challenger. Au lieu de faire élire celui que chacun des partis avait de meilleur, on prêta allégeance aux différents présidents de parti. La démocratie c’est la confrontation d’idées, la pluralité d’opinions. Nos partis refusent cela. Ils sont des dictatures internes qui prêchent la démocratie.

Nos partis politiques fonctionnent comme des sectes dans lesquelles le gourou compte le plus. Quand ce dernier parle, on ne l’interrompt pas. Il redresse ceux à qui, il donne la parole. Quand, lui, il parle, il doit être écouté aussi longtemps qu’il le souhaite. Les autres, doivent écouter et pis ne doivent rien proposer. Ils n’ont rien à dire ! Les choix du gourou, le président du parti, ne sont pas à discuter, ses épigones qui doivent leurs places au refus de la valorisation des ressources humaines refusent toutes divergences d’opinions. Ils sont actifs, mais incapables de pensée critique pour servir le parti et ses idéaux. Ils trahissent car sont au service d’un homme à qui, ils doivent leurs places. Ils lui servent de tout leur cœur et d’un amour fort, le gourou, le président du parti, le champion.

Le président du parti est candidat à vie autant qu’il perdra à une échéance électorale, il sera là. Désirer sa place au motif qu’il manque d’efficacité, c’est l’éviction qui en surviendra. Les frondeurs en savent. C’est lui ou le chaos, et c’est l’idée soutenue par ses épigones. Ceux qui entourent un leader politique sont plus importants que le chemin à suivre. S’ils sont médiocres en stratégie, celui qu’ils veulent défendre les intérêts en paye les frais de leurs déficits d’idées et de valeurs. Mais, ceux qui se ressemblent s’assemblent, voilà la lapalissade ! Les grands leaders ne font pas des épigones mais d’autres leaders. Le contraire est aussi vrai.

Ceux qui appellent donc aux réformes sans stratégies de réformes et sans préparations conséquentes pour faire accepter leurs ambitions sont combattus et doivent se préparer à la création d’un autre parti. Dans nos partis, le gourou ne se trompe pas, même ses erreurs stratégiques sont à défendre sans le moindre sourcillement. Voilà qu’ils trahissent les partisans du parti, les idéaux de la démocratie pour laquelle ils disent militer, ils trahissent leurs valeurs, celles du parti. Voilà qu’ils sont malades, ils sont faits autour d’un homme et tous le corpus réglementaire du parti n’est qu’enjolivement et un faux-semblant de démocratie. Voilà pourquoi nos partis manquent de stratégies salutaires, de programmes politiques cohérents et dignes d’admiration. Ils manquent donc d’efficacité, le plus frappant de tout est que leurs membres pour la plupart refusent la rétrospection. Depuis qu’ils ont trahi les idéaux de la démocratie, ils ont cessé d’être cohérents, les autres sont responsables de tous leurs maux.

Le conflit des intérêts

Ce qui se passe à l’UFDG, la fronde de quelques membres, très minoritaires et très intrépides, devrait se produire ailleurs dans les autres partis d’opposition. L’UFDG doit se réformer et celle crise en est l’occasion. Ses cadres doivent pouvoir se parler et mieux dialoguer, l’exclusion mutuelle et le mépris des valeurs du parti occasionneront l’affaiblissement de ce parti et induiront sa scission. L’affaiblissement de l’UFDG serait une catastrophe pour la Guinée. Quand on se bat pour la démocratie et le libéralisme, on doit accepter l’idée de se refonder pour plus d’efficacité. Que ce parti et d’autres fassent le bilan de leur gestion pendant les cinq années passées. Qu’ils soient véridiques envers eux-mêmes et ne trahissent pas le combat de ceux-là morts pour la démocratie, à moins que la démocratie qu’elle ait prêchée fût celle-là.

Une suspicion généralisée, celle-là aujourd’hui installée à l’UFDG n’est pas de l’intérêt de ce parti. Ceux qui dirigent le parti sont accusés de n’avoir pas fait assez d’efforts pour le retour de premier vice-président du parti. Ce dernier qui avait appelé de tous les vœux à chasser Alpha Condé a compris que les cadres de son parti et ses propres incitations au renversement d’Alpha Condé sont inefficaces pour dénouer sa situation. La victoire d’Alpha Condé à la présidentielle d’octobre était le présage d’une nouvelle aventure de cinq autres années. Là bas, les regards le scrutent et le dépouillent. Ses appels à la rue se sont avérés sans effets escomptés . Lui, il a fait son bilan, il s’est promu d’être cohérent avec lui et réalise. Il négocie, lui-même son amnistie et son retour. L’effet de différenciation s’est annoncé, il s’est distancé des orientations du parti, pis les condamne.

Les intérêts du parti et le sien sont donc antagonistes. Mais pour lui, tout est lié. Son séjour en France ne l’a-t-il pas juché sur les épaules de géants ? Il voit plus loin et veut se donner les moyens de ses ambitions. Alpha Condé qui doit apprécier les déclarations de l’homme qu’il a rencontré deux fois en France fait tout pour l’amnistier. En politique rien n’est fortuit et il se fait du bien à lui-même.

Les frondeurs ne doivent pas être vus comme des parias, que l’on regarde l’opportunité qu’offre leur courage. Ils veulent, je le soutien, que l’UFDG assume la grandeur qui est la sienne et qu’elle pose des actions en cohérence avec ses valeurs de la démocratie et du libéralisme. Ses membres doivent refuser que le parti, qui est le leur, meure. Des déclarations et invectives par médias interposés de ses membres sont la preuve que ce parti manque de démocratie interne, qu’il manque de plateforme de dialogue et que les intérêts et ambitions y sont antagonistes .

La politique un jeu

En politique on n’a pas d’alliés ou d’ennemis permanents, mais des intérêts à défendre. Ceux des politiques qui comprennent le sens de cette assertion se réalisent et mieux se surpassent. Ceux qui, par étroitesse d’idées ou par ignorance se font des adversaires sempiternels s’éloignent à chaque fois de la réalisation de leur dessein : conquérir le pouvoir et l’exercer. De fois, il arrive que la confrontation avec un adversaire idéologique expose à plus de vulnérabilités, il faut savoir coopérer pour défendre ses intérêts et puis élargir ses champs de possibilités. Dans certaines circonstances, la coopération s’avère sans intérêts, il faut donc l’esquiver ou user d’un faux-semblant pour se protéger. Dans d’autres cas, le jeu est à somme nulle. La défense des intérêts est fonction du rapport des forces, il faut savoir le lire, l’analyser et s’en servir. Le politique est donc un agent qui, en voulant réaliser ses objectifs joue avec d’autres agents . Il coopère quand cela est à son avantage, il fait le contraire quand cela sied à ses intérêts. Il est acteur d’un marché, celui politique. Il est déplorable que les libéraux de l’UFDG ne comprennent pas cela.

L’UFDG ne pouvait pas protéger son premier vice-président, si ce dernier par son ingéniosité arrive à se créer des possibilités de sa survie politique, qu’on comprenne le sens de son combat. Que le parti accepte les divergences idéologiques, qu’il ne les étouffe guère. De la confrontation des idées naissent les stratégies salutaires. Des crises maîtrisées naissent le nouvel ordre après le désordre qui n’est que bénédiction déguisée. Que les cadres de l’UFDG dialoguent et qu’ils soient sincères dans leur démarche. La conquête du pouvoir exige de se remettre en cause et quand l’opportunité surgit, il faut la saisir.

Ibrahima Sanoh,

Citoyen guinéen

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